« La royauté du Christ ! Royauté « qui n’est pas de ce monde ! »
Article mis en ligne le 20 novembre 2022
dernière modification le 27 novembre 2022

Ce dimanche, nous fêtons la royauté du Christ, royauté « qui n’est pas de ce monde ». Pour continuer à préparer le Royaume des cieux, le Christ a confié le gouvernement de son Église à des hommes qui participent à son ministère de berger, et qui sont du côté de la tête de l’Église, corps du Christ, dont chacun des baptisés est membre. Ces hommes, ce sont les évêques et les prêtres.
Il se trouve qu’un certain nombre d’aveux successifs de la part des évêques sur des fautes passées viennent blesser notre amour de l’Église. La presse en est remplie. On tombe parfois des nues avec un sentiment d’écœurement. Comment faire confiance, se demandent certains…
Je propose quelques remarques.
La première : c’est qu’il y a deux naïvetés également dommageables : ou de considérer tous les évêques et tous les prêtres comme des saints, ou à voir en tous de mauvais bergers imbus de leur autorité et à cultiver une défiance universelle.
La deuxième remarque : s’il y a beaucoup de bons bergers, il y a certainement aussi de mauvais bergers. Quelque part, il ne faut pas s’en étonner. Le Christ lui-même l’a dit. Saint Paul dans ses lettres met souvent en garde à ce sujet. Et les bons bergers eux-mêmes peuvent être causes de scandale. Saint Paul se brouille publiquement avec saint Pierre au sujet de la circoncision, et avec saint Marc pour des raisons personnelles.
La troisième remarque : la voici : le bon berger choisi par le Christ reste un pécheur pardonné. Saint Pierre a renié le Christ par trois fois et par trois fois a confessé son amour pour laver sa faute. Le Christ pour autant l’a-t-il renié ? Non, il l’a confirmé dans sa charge : « Pais mes agneaux ».
La quatrième : se tire du poids de la vie des pasteurs, pour le meilleur et pour le pire. Le péché des pasteurs est cause de graves scandales et entrainent la chute de beaucoup. La sainteté des pasteurs entraine le relèvement d’un grand nombre.
La cinquième remarque : touche au mystère de l’Église qui est traversé par le mal en même temps qu’elle est traversée par l’action sanctificatrice de l’Esprit-saint. Si la hiérarchie ministérielle porte organiquement l’Église, ce sont les saints qui la portent mystiquement.
Une sixième : L’Église vient à la lumière en révélant son péché.
Une dernière remarque : des relations d’amitié avec eux par laquelle nous pourrons nous laisser gouverner par eux et au besoin les reprendre.

Don Philippe de Nortbécourt, prêtre / Plaines de la Brie