Message du pape pour le carême 2020
Article mis en ligne le 26 février 2020
dernière modification le 1er avril 2020

Carême 2020 : le Pape invite à mettre le Mystère pascal au centre de notre vie
Ce 24 février, le message du Saint-Père pour le Carême 2020 a été rendu public et présenté en conférence de presse au Vatican. À deux jours du Mercredi des Cendres, le Pape revient sur la signification du Carême, un « temps favorable » qui ne doit « jamais être tenu pour acquis », pendant lequel les chrétiens sont invités à accueillir la miséricorde de Dieu offerte par le Mystère pascal. Le cœur renouvelé, ils s’ouvrent à la charité, contribuant « à la construction d’un monde plus équitable ».

« Nous vous en supplions au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20) : ce verset de saint Paul, que l’on entendra mercredi lors de la messe des Cendres, est le titre du message du Saint-Père pour ce Carême 2020. Un texte qu’il a signé le 7 octobre dernier, en la fête de Notre-Dame du Rosaire.

Le thème de la conversion y est central, et évoqué en même temps que son fondement, le Mystère pascal, « le grand Mystère de la mort et de la résurrection de Jésus » que les chrétiens se préparent à célébrer au terme du Carême.
Le Mystère pascal donne un sens à notre vie

Le Mystère pascal, rappelle François, est la « pierre angulaire de la vie chrétienne personnelle et communautaire », il faut donc « constamment » y revenir, par une « réponse libre et généreuse ». Ce Mystère montre l’amour infini du Père, qui par son Fils nous donne la vie en abondance. L’accueil du kérygme permet ainsi de rejeter « le mensonge selon lequel notre vie aurait son origine en nous-mêmes », ce qui nous empêche de « sombrer dans l’abîme du non-sens, de vivre l’enfer ici-bas sur terre », explique le Pape.

« La Pâque de Jésus n’est pas un évènement du passé », poursuit-il en exhortant à la conversion, qu’il estime urgente. Pour cela, il est « salutaire de contempler plus profondément le Mystère pascal, grâce auquel la miséricorde de Dieu nous a été donnée ».
Un temps de prière, pour laisser Dieu nous transformer

Le Pape invite plus précisément à la prière, « si importante en ce temps de Carême ». Une prière qui prend la forme d’un « dialogue cœur à cœur, d’ami à ami », et « exprime le besoin de correspondre à l’amour de Dieu qui nous précède et nous soutient toujours ». La prière « creuse en nous jusqu’à réussir à entamer la dureté de notre cœur, afin de le convertir toujours plus à lui et à sa volonté », souligne le Saint-Père. Il s’agit donc de ne pas laisser passer « ce temps de grâce en vain, dans l’illusion présomptueuse d’être nous-mêmes les maîtres du temps et des modes de notre conversion à lui ». Au contraire, la « miséricorde gratuite envers nous » du Seigneur doit être expérimentée sans peur, avec la prière en guise de préparatifs.
Un temps à vivre avec gratitude

Ce « temps favorable » pour notre conversion « ne doit jamais être tenu pour acquis », insiste François, et plutôt « éveiller en nous un sentiment de gratitude », « nous secouer de notre torpeur ». Si la présence du mal « dans nos vies ainsi que dans la vie de l’Église et du monde » est parfois « dramatique », reconnaît le Souverain pontife, « cet espace offert pour un changement de cap exprime la volonté tenace de Dieu de ne pas interrompre le dialogue du salut avec nous ». Le Carême montre la « volonté passionnée de Dieu de dialoguer avec ses enfants », qui n’a rien d’un « bavardage, dicté par une curiosité vide et superficielle », caractérisant la « mondanité de tous les temps ».
Un temps pour vivre la charité en actes

Outre le jeûne et la prière, l’Église catholique recommande l’aumône comme forme de pénitence à vivre durant le Carême. C’est ce troisième aspect que le Pape évoque à la fin de son message, « comme une forme de participation personnelle à la construction d’un monde plus équitable ». « Le partage dans la charité rend l’homme plus humain, alors que l’accumulation risque de l’abrutir, en l’enfermant dans son propre égoïsme », prévient François. On comprend alors que « mettre le Mystère pascal au centre de la vie signifie éprouver de la compassion pour les plaies du Christ crucifié » visibles chez les hommes et les femmes de notre temps. Le Pape mentionne plusieurs situations de souffrance et élargit sa réflexion à l’économie, en rappelant l’initiative qu’il a lui-même lancée et qui se déroulera pendant ce Carême : du 26 au 28 mars, jeunes économistes, entrepreneurs et porteurs de changement se retrouveront à Assise « dans le but de contribuer à l’esquisse d’une économie plus juste et plus inclusive que l’actuelle ». Là aussi, une conversion est possible afin de gérer l’économie selon « l’esprit évangélique ».

En conclusion, François invoque l’intercession de la Vierge Marie, afin de vivre pleinement ce temps de conversion, en osant « fixer le regard du cœur sur le Mystère pascal et nous convertir à un dialogue ouvert et sincère avec Dieu ».