Désirer marcher en compagnie de Jésus
Article mis en ligne le 26 juin 2022
dernière modification le 7 juillet 2022

Aujourd’hui est la fin du Temps Pascal. Tout est accompli. Dieu nous a tout donné. Il s’est donné totalement : Père, Fils et maintenant Esprit-Saint en ce jour de la Pentecôte. Nous avons désormais tout le nécessaire pour vivre au quotidien comme enfants de Dieu. Toutefois, ce don de la vie nouvelle, qui est une participation à la vie même de Dieu, peut – et même doit – s’accroître en nous ; c’est la mission que Jésus nous confie par le baptême, afin qu’elle rayonne et rejaillisse sur notre prochain. Voilà peut-être le but du Temps Ordinaire qui commence : cultiver le don Dieu. Or, de même que toute jeune pousse a besoin d’eau, de Ce dimanche, la suite du Christ se présente dans toute son exigence. Désirer marcher en compagnie de Jésus, c’est choisir de partager avec lui sa condition d’errant au service de la Bonne Nouvelle, renoncer aux attaches sociales, à la stabilité d’une position. L’appel du Christ fait sentir l’urgence de la mission : il surpasse toute urgence, jusqu’à enterrer ses parents. L’éternité n’attend pas, car à tout moment la mort vient mettre fin à cette vie. Il ne laisse pas de place pour les conditions, pour le retard d’une décision, pour un attachement au passé. Le Maître met face à la radicalité du choix pour le Royaume de Dieu, parce que la vraie Vie est ailleurs.
Faut-il vraiment tout abandonner, couper tout lien, renier famille, amis, devoirs humains ? Seul Dieu, de qui vient toute vie, tout lien, tout devoir, peut le demander avec une telle radicalité. Seul le Christ peut exiger qu’on laisse tout pour le suivre.
Si Jésus place devant nous cette exigence de la vie pour Dieu, c’est qu’il l’a vécue en plénitude, il en connaît la nécessité. L’évangile nous le montre durcissant sa face au moment de prendre la route de Jérusalem, parce qu’il pressent ce qui l’attend, parce qu’il sait que le Dieu qui l’envoie est rejeté en ce monde. Le village de Samaritains qui refuse sa visite n’est que l’image d’un monde qui ne veut pas de Dieu. Et le refus du châtiment proposé par les « fils du tonnerre » est la manifestation de vraie force qui l’habite : ne rien réclamer pour lui parce qu’il est venu pour les hommes, refuser toute violence parce que le Royaume ne s’impose pas.
Au-delà de ce qu’il faut quitter, la vraie exigence de la suite du Christ se situe sans doute dans cette décision radicale de ne pas laisser de place à la violence, même devant le refus du message apporté. Sans doute faut-il s’être détaché de tout lien humain pour devenir un tel messager de Dieu, et avoir la force d’accomplir la mission du Christ, qui est devenue celle du chrétien.
Don Vincent Clavery, curé in solidum