"Nous cheminons dans la foi ! "
Article mis en ligne le 20 juin 2021
dernière modification le 27 juin 2021

L’évangile de la tempête apaisée décrit les combats spirituels de notre vie chrétienne individuelle et ecclésiale. Beaucoup de chrétiens s’imaginent la vie avec Dieu comme un long fleuve tranquille. Il n’en est rien, et cela ne doit pas nous scandaliser, mais renforcer notre foi. Ce que Jésus recherche, ce n’est pas une popularité mondaine, mais une adhésion des âmes à sa divinité. Ce qui compte, c’est de croire en lui, par-delà le visible et l’événement ; c’est d’adhérer par amour à sa personne. Et pour cela, sa parole devrait suffire.
Les disciples emmenèrent Jésus dans la barque "tel qu’il était" : le Jésus de la foi n’est pas un Jésus dont nous rêvons, mais un homme bien réel. Nous avons à croire en lui tel qu’il s’est révélé à nous, et non pas tel que nous le voudrions. Nous n’avons pas à sélectionner ce que nous voulons bien en prendre. La foi n’est pas de l’ordre du choix des options sur une voiture. La foi est adhésion à la personne du Christ toute entière.
Jésus nous prédit les tempêtes intérieures et extérieures. Pourquoi alors nous en étonner, et accuser Dieu ? Nous devons savoir que suivre le Christ demande une lutte contre le mal, et que ce mal existe en nous et au dehors de nous. La foi n’est pas une acquisition, mais un appel ; pas une sécurité, mais un risque ; pas une consolation, mais une aventure. On ne s’y repose pas, on s’expose.
Pendant cette lutte, que fait Jésus ? Il dort, à l’arrière de la barque ! L’épreuve même de notre foi, c’est de découvrir l’apparente faiblesse de ce Dieu tout-puissant, qui se fait attendre, non pas par plaisir ou par condescendance, mais afin de faire monter le niveau de notre foi. Dieu n’est pas la solution matérielle à tous nos problèmes. Dieu est celui qui veut que notre foi soit également amour. Et pour cela, il purifie nos demandes et nos vies par l’attente et son apparent silence.
Mais Jésus va se réveiller. Et il apaise la tempête. Les apôtres auraient dû savoir que, Jésus présent, même endormi, même silencieux, ils ne craignaient rien. Jusque-là, ils avaient compris le Christ à la manière humaine. La tempête apaisée devient alors le moyen pour nous faire grandir dans la foi, pour que nous le reconnaissions comme Dieu," afin que nous, les vivants, nous n’ayons plus notre vie centrée sur nous-mêmes, mais sur lui, qui est ressuscité pour nous".

Don Pierre-Alphonse FRAMENT, curé in solidum à Combs-la-Ville