Un homme avait 2 fils !
Article mis en ligne le 3 avril 2022

En ce dimanche de Laetare où le violet liturgique est déjà atténué par anticipation par la lumière de Pâques, où la pénitence que nous invite à vivre l’Église est déjà colorée par la joie de la Résurrection, laetitia pascalis, l’Église nous donne de méditer sur la parabole du fils prodigue : « Un homme avait deux fils ». Parabole bouleversante dont un chrétien témoignait qu’il pleurait en entendant ses premiers mots : « Un homme avait deux fils ».

Notre regard est souvent arrêté par la figure du fils prodigue. Regardons aujourd’hui le père. C’est un père qui « partage ses biens » avec ses fils. Le fils cadet dilapide ce bien « dans une vie de désordre ». Mais il « rentre en lui-même » et revient vers son père. « Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. » Son père guettait le retour de son fils, il l’attendait, il l’espérait. Cette espérance du Père crée les conditions du retour du fils.

Bien sûr, dans cette parabole, le Père est la figure de Dieu qui nous crée à son image, libre. Pendant ce carême, nous sommes amenés à « rentrer en nous-mêmes », à regretter amèrement nos « désordres » et revenir vers Dieu. Il nous guette sur le chemin, il nous attend, parce qu’Il espère en nous. Les vrais regards d’amour sont ceux qui nous espèrent. Ne décevons pas cet amour.

La prière, la miséricorde, le jeûne sont notre marche vers le Père. Par la prière, « nous rentrons en nous-mêmes », dans notre coeur. Le jeûne nous fait pousser ce cri : « Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi : je ne suis plus digne d’être appelé ton fils », et transforme notre cœur en une terre assoiffée. Ce que la pluie est pour la terre, « la miséricorde l’est pour le jeûne ». Elle dilate notre cœur et nous rend à même d’entendre la parole du Père : « Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. »

Don Philippe de Nortbecourt
Prêtre Pôle Brie Sénart