Semaine Sainte 2021
Article mis en ligne le 27 mars 2021

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Semaine Sainte 2021

Chers frères et sœurs,
pour bien vivre la Semaine Sainte, permettez-moi de vous redire quelques consignes générales avant de vous indiquer comment bien vivre la Passion.

La Semaine Sainte, nous cherchons à nous focaliser sur le Christ.

Essentiellement, il y a deux manières complémentaires de le vivre :
* d’abord, participer autant que possible aux célébrations liturgiques du Jeudi Saint, du Vendredi Saint et du jour de Pâques : c’est notre façon la plus directe de nous unir au Christ : la liturgie (= action sacrée) nous donne de revivre les mystères du Christ.
* Mais ce sont aussi toutes les activités les plus courantes que nous sommes invités à mener avec la plus grande générosité : puisque Jésus a donné sa vie pour nous, alors, donnons-nous vraiment aux autres sans compter dans tout ce que nous accomplissons !

La Semaine Sainte va du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques.
Aux Rameaux, nous acclamons Jésus comme notre Messie et notre sauveur, notre roi et notre Dieu.
Au Jeudi Saint, nous accueillons le don immense de l’Eucharistie et du Sacerdoce.
Au soir du Jeudi Saint, pendant l’adoration au reposoir, nous suivons Jésus pour veiller et prier avec lui durant son agonie au jardin des oliviers à Gethsémani.
Le Vendredi Saint, nous nous unissons à sa passion par le Chemin de Croix et par la célébration liturgique de la Croix.
Le Samedi Saint, nous expérimentons l’absence de Jésus en ce jour aliturgique, spécialement renforcé par l’absence de Vigile Pascale cette année.
Le saint jour de Pâques, nous goûtons à la joie ineffable, si forte et si douce, de la Résurrection et de l’expérience de la présence du Christ dans nos vies.

Dans toutes ces célébrations et en dehors, nous fixons l’attention de notre cœur sur les sentiments intérieurs de Jésus en sa Passion : Qu’est-ce qui a bien pu le motiver ?
Qu’avait-il en tête et dans le cœur ? Que nous révèle sa Passion sur les sentiments profonds de son âme humaine ?

Jésus nous dévoile sa relation unique d’obéissance amoureuse à la volonté de salut du Père :
pour sauver tous les hommes de tous les temps de l’esclavage du péché et de la mort,
pour les réintroduire dans la vie éternelle de son Père, Jésus donne sa vie par amour.
Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne !

En pleine conscience et lucidité,
Jésus avait annoncé ouvertement trois fois à ses apôtres ce qui l’attendait à Jérusalem.
Et au moment du choix de Jésus de retourner à Béthanie, aux faubourgs de Jérusalem, pour réveiller de la mort son ami Lazare, l’apôtre Thomas a pleinement conscience de ce qui les attend tous :
« Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

Mais le cœur de la Passion, Jésus le traduit de façon très concrète lors du Lavement des pieds : c’est l’Amour, c’est sa vie donnée : Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. (Jean 13, 12-17)
L’évangéliste saint Jean ne nous rapporte pas le récit de l’institution de l’Eucharistie. Il a amplement développé l’enseignement de Jésus sur le sujet au chapitre 6 de son évangile, avec le discours du pain de vie à la synagogue de Capharnaüm. Mais là, Jean nous décrit ce qui a touché son âme : C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.

Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ;
et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. »

Jésus appelle tout homme à entrer en communion par lui avec son Père.
Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car il vient, le prince du monde. Certes, sur moi il n’a aucune prise, mais il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais comme le Père me l’a commandé.

L’agonie de Jésus à Gethsémani nous témoigne de cet attachement viscéral à son Père.
Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. (Matthieu)

L’arrestation souligne la liberté royale et souveraine de Jésus : alors que n’importe quel homme venant de subir une sueur de sang aurait été déjà nerveusement anéanti, Jésus commande en maitre à ceux qui viennent l’arrêter : Qui cherchez-vous ? Jésus de Nazareth ! C’est moi ! Et ses ennemis en tombent à la renverse par deux fois.
Jésus répondit : « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés ».(Jean 18)

Face au grand-prêtre qui le condamne à mort pour avoir proclamé sa divinité, Jésus témoigne sans peur de ce qu’il est, c’est à dire le Fils de son Père : Le grand prêtre lui dit : « Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si c’est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu. » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! En tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. » (Matthieu 26, 63-64)

Face à Hérode qui veut le voir lui faire un tour de cirque, Jésus ne répond rien, pas un mot : on ne se moque pas de Dieu.
Mais face à Pilate qui détient alors une autorité légitime, Jésus cherche à le faire progresser dans son âme : Dis-tu cela de toi-même ou parce que d’autres te l’ont dit ? Je suis venu en ce monde pour rendre témoignage à la vérité.

Pendant le portement de croix, Jésus trouve le moyen d’éclairer les femmes de Jérusalem qui se lamentent sur son sort : Pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants. Si c’est ainsi qu’on traite le bois vert, qu’adviendra-t-il du bois mort ?

Jésus a constamment le souci du salut de tout homme qu’il rencontre, jusqu’au bandit condamné à mort à côté de lui : Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans mon royaume !

Mais si nous voulons saisir ce qui remplit son âme dans les souffrances atroces de la croix, reprenez le psaume 21 qui annonce prophétiquement tout ce qu’il vit en croix. Jésus va en prononcer le premier verset : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as -tu abandonné ? La suite, il ne peut le prononcer à haute voix, parce qu’il est gagné par l’asphyxie. Mais en bon juif, il le proclame par cœur en lui-même. Ce serait trop long à commenter, mais je vous laisse ce psaume en guise de prière à méditer et à commenter entre vous : c’est saisissant !

Bonne Semaine Sainte avec Jésus !