Tutti Fratelli
Article mis en ligne le 12 octobre 2020

Chers frères et sœurs,
le fait même que je vous appelle frères et sœurs est une caractéristique de la vie chrétienne :
encore ne faut-il pas se satisfaire de belles paroles, mais le vivre en actes et en vérité.
Et ce qui est spécifiquement chrétien, c’est de ne pas le réserver à ceux qui partagent la même foi, mais de l’ouvrir à tout homme sans distinction.

C’est ce que nous rappelle notre pape François dans sa lettre encyclique Tutti Fratelli.
Une lettre encyclique, c’est une lettre destinée aux hommes du monde entier, elle a une portée universelle. Elle commence par Tutti Fratelli, Tous frères en italien, selon une expression chère à saint François d’Assise. Cette lettre parle de la fraternité et de l’amitié sociale.

Bien sûr, je vous invite à la lire directement par vous-mêmes en la téléchargeant directement sur le sitewww.vatican.va . Je vous invite aussi à partager en cellules vos découvertes, vos interrogations et vos désirs sur ces thèmes.

Je voudrais essayer de l’appliquer à quelques réalités que nous vivons sur Brie-Sénart.

Il y a un constat généralisé de dégradation rapide du climat social, d’augmentation des incivilités, en bon français de ce qui pourrit la vie, des violences aux biens et aux personnes, un mépris toujours plus grand de toute forme d’autorité. Si nous restons seuls face à ce climat de plus en plus pesant, nous avons de quoi désespérer.

Le pape François fait très justement remarquer au n° 75 : L’imposture du “tout va mal” a pour réponse “ personne ne peut y remédier”, “que puis-je faire ?“ On alimente ainsi la désillusion et le désespoir, ce qui n’encourage pas un esprit de solidarité et de générosité.

Alors, il nous propose au n° 77 : Chaque jour, une nouvelle opportunité s’offre à nous, nous entamons une nouvelle étape. Nous ne devons pas tout attendre de nos gouvernants ; ce serait puéril.
Nous disposons d’un espace de coresponsabilité pour pouvoir commencer et générer de nouveaux processus et transformations. Soyons parties prenantes de la réhabilitation et de l’aide aux sociétés blessées. …. Que d’autres continuent à penser à la politique ou à l’économie pour leurs jeux de pouvoir ! Quant à nous, promouvons le bien et mettons-nous au service du bien !

78. Il est possible, en commençant par le bas et le niveau initial, de lutter pour ce qui est le plus concret et le plus local, jusqu’à atteindre les confins de la patrie et du monde, avec la même attention que celle du voyageur de Samarie pour chaque blessure de l’homme agressé. Cherchons les autres et assumons la réalité qui est la nôtre sans peur ni de la souffrance ni de l’impuissance, car c’est là que se trouve tout le bien que Dieu a semé dans le cœur de l’être humain. Les difficultés qui semblent énormes sont une opportunité pour grandir et non une excuse à une tristesse inerte qui favorise la soumission.

Mais ne le faisons pas seuls, individuellement. Le Samaritain a cherché un hôte qui pouvait prendre soin de cet homme ; nous aussi, nous sommes invités à nous mobiliser et à nous retrouver dans un ‘‘nous’’ qui soit plus fort que la somme de petites individualités. Rappelons-nous que « le tout est plus que la partie, et plus aussi que la simple somme de celles-ci ». Renonçons à la mesquinerie et au ressentiment des replis sur soi stériles, des antagonismes sans fin ! Cessons de cacher la souffrance causée par les préjudices et assumons nos crimes, nos discordes et nos mensonges ! La réconciliation réparatrice nous ressuscitera et nous délivrera, aussi bien nous-mêmes que les autres, de la peur.

79. Le Samaritain en voyage est parti sans attendre ni remerciements ni gratitude. Le dévouement dans le service était sa grande satisfaction devant son Dieu et sa conscience, et donc, un devoir. Nous sommes tous responsables du blessé qui est le peuple lui-même et tous les peuples de la terre. Prenons soin de la fragilité de chaque homme, de chaque femme, de chaque enfant et de chaque personne âgée, par cette attitude solidaire et attentive, l’attitude de proximité du bon Samaritain.

86. ….C’est pourquoi il est important que la catéchèse et la prédication incluent plus directement et clairement le sens social de l’existence, la dimension fraternelle de la spiritualité, la conviction de la dignité inaliénable de chaque personne et les motivations pour aimer et accueillir tout le monde.

C’est pourquoi je vous propose

  • de partager entre vous sur les blessures concrètes à la fraternité que vous vivez dans vos communes respectives,
  • et de voir comment ensemble, en cellule, vous pourriez y remédier.

Bon travail sous le regard aimant du Christ !