Aimer vraiment Jésus en accueillant sa tendresse
Article mis en ligne le 23 février 2020

Pour écouter

Cliquer sur l’icône

Aimer vraiment Jésus en accueillant sa tendresse

Aimons-nous vraiment le Seigneur Jésus ? Je crains que non !

Je ne doute pas un instant que nous ayons tous a priori beaucoup d’estime et de respect pour Lui.
Nous croyons qu’Il est vraiment Dieu, la deuxième personne de la Sainte Trinité, le Fils Éternel du Père.
Nous croyons qu’il est vraiment un homme comme nous, semblable à nous en toutes choses, excepté le péché. Nous croyons en sa sainteté parfaite. Nous l’admirons, nous le respectons, mais l’adorons-nous vraiment ? L’aimons-nous de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre force, de tout notre être ?

Nous n’avons qu’un seul cœur pour aimer. C’est avec le même cœur que nous aimons notre conjoint, nos enfants, nos parents, nos amis… et le Seigneur !
Est-ce que nous mettons autant d’affection avec le Christ qu’avec notre conjoint ou notre enfant ?
Lui avons-nous déjà dit des mots doux ? Lui avons-nous déjà fait des compliments ?
Nous sommes-nous extasiés sur ses qualités humaines, sur sa tendresse si délicate envers nous ?

Là, tout de suite, je devine déjà les premiers blocages chez beaucoup d’entre nous : Mais en ai-je seulement le droit ?
Comment pourrait-il y avoir une telle proximité, une telle familiarité entre Lui et moi, entre la Sainteté même et le pécheur que je suis ? Jamais je n’oserais une telle proximité, j’aurais bien trop peur d’être présomptueux, de ne pas être à la hauteur, de le blesser. Je m’en sens indigne et incapable. Je ne sais pas quoi Lui dire.

Ce blocage, nous n’avons pas le droit de l’opposer à l’amour dévorant du Christ pour chacun de nous sans exception. C’est la Parole de Dieu et la liturgie qui nous le disent :
Saint Paul a été profondément bouleversé par l’amour personnel du Christ pour lui :
- Le Christ est ressuscité, il est apparu à Pierre, puis aux 12, … et en tout dernier lieu, il est apparu à l’avorton que je suis. Car moi, je suis le plus petit des apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé apôtre, puisque j’ai persécuté l’Eglise de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu. (1 Corinthiens 15 ;4,8-10)
- Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi ! Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi ! (Galates 2,20)

Dans la messe votive du Saint Nom de Jésus, la prière de la Collecte, celle qui ouvre la messe, nous fait tous demander : Puisque nous vénérons le saint nom de Jésus, notre Sauveur, accorde-nous, Dieu notre Père, de connaitre dès cette vie la douceur de son amitié, et d’être un jour comblés de sa joie dans le Royaume où il nous attend.
Connaître dès cette vie la douceur de son amitié !
Sommes-nous désireux de reposer notre tête sur le cœur du Christ comme l’a fait Saint Jean au cours de la dernière Cène ? Avons-nous compris que ce geste est le modèle de toute communion eucharistique ?
Quel type de cœur à cœur avons-nous avec Jésus à ce moment-là ? On ne se rend pas assez compte de la tendresse humaine de Jésus. Si on pouvait s’en rendre compte, on en ferait davantage un ami.
Pauvre Jésus qui a tellement faim d’amour et de sympathie, et à qui nous en donnons si peu en retour !

Nous a-t-on déjà dit dans notre famille ou au catéchisme que nous étions faits pour connaitre la douceur de l’amitié du Christ ? Avons-nous eu à nos côtés quelqu’un pour nous montrer, dans sa vie ou dans la nôtre, un exemple concret de cette douceur du Christ pour nous ?
C’est par là qu’il faut commencer : faire sauter ce deuxième blocage, le sentiment que nous n’avons pas encore expérimenté personnellement cette tendresse de Jésus.
Le plus souvent, c’est qu’il n’y a eu personne pour nous le montrer. D’où l’importance capitale dans la vie des cellules du tour de table initial pour se dire les merveilles d’amour qu’Il a fait pour nous depuis la dernière réunion.
Pour répondre à l’amour du Christ pour nous, il faut avoir goûté sa tendresse.
Parfois, c’est en expérimentant des sentiments d’une extrême noblesse en notre cœur que nous pressentons Dieu. C’est en expérimentant notre propre tendresse pour d’autres, que nous comprenons que Dieu ne peut pas être moins, que notre tendresse n’est qu’une petite participation de la Tendresse divine que nous ne faisons qu’entrevoir.
Mais c’est le plus souvent en recevant une tendresse imméritée de la part de Dieu.
A travers la nature d’abord : comme le dit avec tant de poésie le psaume 18A
Les cieux proclament la gloire de Dieu, le firmament raconte l’ouvrage de ses mains. Le jour au jour en livre le récit, et la nuit à la nuit en donne connaissance. Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s’entende ; mais sur toute la terre en parait le message et la nouvelle aux limites du monde.
Mère Yvonne-Aimée de Jésus écrivait en juillet 1942 :
La beauté grandiose des champs, les blés qui dorent, le seigle, l’avoine dont les épis ondulent, les prairies qui sentent bon le foin coupé, les pommiers pleins de promesses, toute cette Tendresse de Dieu sur la terre, tendresse inconnue, dont l’homme jouit sans s’en rendre compte – ou dont il ne veut pas tenir compte. L’église vide où Dieu attend le merci de l’homme qu’Il a comblé. … Il faut remercier la tendresse de Dieu.
A travers des intermédiaires humains aussi  : vos parents, vos proches, mais pas seulement. Avons-nous été déjà secourus par des bons Samaritains ? L’avons-nous été quelquefois pour nos frères ? En tout cas, si vous ne vous souvenez pas avec émerveillement d’avoir vécus de tels moments, je supplie le Seigneur de vous le faire goûter.
Mais aussi à travers des évènements, des détails insignifiants aux yeux de ceux qui nous entourent.
Trop souvent, nous nions cette tendresse du Seigneur pour nous afin de nous dispenser d’aimer en retour.
Nous sentons bien qu’il y a des réalités qui sont des cadeaux, mais nous pensons interdire à Dieu d’agir dans de si petits détails. Nous prétendons interdire à Dieu d’être attentionné pour ceux qu’Il aime, jusque dans les moindres détails. Mais pourquoi ne pourrait-il pas être plus délicat et plus tendre que nous ?

Une bonne fois pour toutes, acceptons son amour ! Laissons Le nous bouleverser par ses cadeaux.
Lui seul connait nos désirs secrets et jamais formulés à l’extérieur,
Lui seul peut alors les exaucer pour nous combler et nous toucher le cœur en nous montrant que ça vient bien de Lui.
Si nous avons vraiment cherché Dieu de tout notre cœur, si nous avons poussé vers Lui un vrai cri de foi un jour, alors nous avons fait l’expérience stupéfiante d’une présence, d’une parole intérieure qui nous répondait et qui venait de Dieu.

Dieu est fidèle, Dieu répond toujours.
Dieu ne se moque jamais de ceux qui ne se moquent pas de Lui.
Dieu est délicat et surprenant. Nous ne nous y habituerons jamais.
Car Dieu ne se laisse jamais vaincre en délicatesse et en tendresse.

Tant que nous serons sur cette terre, nous sentirons sa présence et son amour à cette certitude troublante
si douce et si forte à la fois, qui ne vient pas d’un effort humain.
Goûtez et voyez, le Seigneur est bon dit le Ps 33,9.
C’est en accueillant sa Tendresse que nous serons brûlant de lui en rendre.
Et alors nous aimerons le Seigneur comme nous sommes, dans une liberté intérieure sans limite.
Nous L’aimerons avec ferveur et délicatesse.

Il n’y a rien de plus beau sur la terre qu’une âme qui aime Dieu avec une tendresse délicate !