« Revenez à moi de tout votre cœur »
Article mis en ligne le 28 mars 2020
dernière modification le 28 avril 2020

Méditation du Père José à partir du texte du Prophète Joël :

« Revenez à moi de tout votre cœur ». (Jl 2, 12-18).

Dimanche 29 mars, sur notre Pôle Missionnaire, nous étions tous invités à vivre « le Jour du Pardon  ». Étant donné les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons actuellement, je reprends volontiers l’enseignement que le pape François a donné, à sainte Marthe ces derniers jours, se référant au Catéchisme de l’Église Catholique : «  Si tu ne trouves pas un prêtre pour te confesser, parle à Dieu, il est ton Père et dis-lui la vérité : Seigneur, j’ai fait ceci, cela, cela… Pardonne-moi » et demande-lui pardon de tout ton cœur, avec Acte de Contrition et promets-lui : « Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant ». Et immédiatement, vous reviendrez à la grâce de Dieu. Vous pouvez, ainsi, vous-même approcher, comme le Catéchisme vous l’enseigne, le pardon de Dieu. Pensez-y : c’est le moment ! Et c’est le moment, le moment opportun. Un acte douloureux bien fait, mais qui fera que notre âme deviendra blanche comme neige  ».

Au moment où vous vivez, chers fidèles, ce jeûne sacramentel, le passage du prophète Joël qu’on lit le jour du Mercredi des Cendres dans l’Église catholique, et qui invite les fidèles à se tourner vers eux-mêmes et vers Dieu pour lui demander pardon, s’est imposé à moi dans la prière : « Revenez à moi de tout votre cœur ». Ce cri a retenti comme un appel. Puissions-nous être nombreux à l’entendre !

Ces paroles par lesquelles Dieu invite le peuple juif à une repentance sincère et non de pure forme a donc résonné, ces jours-ci, au plus profond de mon âme. Le prophète, en effet, nous exhorte aujourd’hui, comme hier, à nous dépouiller pour ne vivre que pour Dieu et en Lui.

Il ne s’agit pas d’une conversion superficielle et passagère, mais bien d’un itinéraire spirituel qui concerne en profondeur, les attitudes de la conscience et suppose une intention sincère de repentir. Le prophète s’inspire de la plaie de l’invasion des sauterelles qui s’était abattue sur le peuple en détruisant les récoltes, pour inviter à une pénitence intérieure, à se lacérer le cœur et non les vêtements (cf. 2, 13). Le covid-19 qui fait tant de mal dans le monde, nous renvoie à l’essentiel en nous rappelant que nous sommes des « miracles » que Dieu opère chaque jour dans l’histoire de l’humanité, car chacun étant unique, il a une place unique et une mission unique.

L’homme est à l’image de Dieu, tout homme est une histoire sacrée. Comprendre pourquoi Dieu nous a créés doit être l’une des missions de tout un chacun de nous, une tâche de chaque jour, un désir, une ouverture. Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant…, doit faire partie, en ce temps de confinement, de notre humble prière de chaque jour. Dieu qui es-tu pour moi et que veux-tu que je fasse ? Ces paroles doivent nous accompagner dans ces jours de ce Carême 2020 si peu ordinaire.

Il s’agit donc de mettre en œuvre une attitude de conversion authentique à Dieu – revenir à Lui -, en reconnaissant sa sainteté, sa puissance, sa majesté. Et cette conversion est possible parce que Dieu est riche en miséricorde et grand en amour. Sa miséricorde est régénératrice, elle crée en nous un cœur pur, renouvelle intimement un esprit ferme, en nous restituant la joie du salut (cf. Ps 50, 14).

Dieu, en effet, – comme dit le prophète – ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et vive (cf. Ez 33, 11). Le prophète Joël ordonne, au nom du Seigneur, que se crée une atmosphère pénitentielle propice : il faut sonner du cor, convoquer l’assemblée, réveiller les consciences. Le temps du confinement dans lequel nous nous trouvons, doit réveiller, en nous offrant, un chemin au cours duquel on peut faire l’expérience, de manière concrète, de l’amour miséricordieux de Dieu.

En ces jours, retentit donc pour chacun d’entre nous cet appel « Revenez à moi de tout votre cœur » ; aujourd’hui, c’est nous qui sommes appelés à convertir notre cœur à Dieu, toujours conscients de ne pas pouvoir réaliser notre conversion seuls, avec nos forces, parce que c’est Dieu qui nous convertit. Il nous offre encore son pardon, en nous invitant à revenir à Lui pour nous donner un cœur nouveau, purifié du mal qui l’opprime, pour nous faire prendre part à sa joie. Notre monde a besoin d’être converti par Dieu, il a besoin de son pardon, de son amour, il a besoin d’un cœur nouveau.

Cette terrible épreuve est pour chacun d’entre nous l’occasion de changer pour le mieux. Dans le sens, d’établir l’amour et la solidarité.

Je termine volontiers ma méditation avec le psaume 30 : « Je compte sur toi, Seigneur, tu vois ma misère et tu sais ma détresse, j’exulte et me réjouis dans ton amour ».