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« M’aimes-tu ? » (1)
Article mis en ligne le 21 mai 2019
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« M’aimes-tu ? » (1)

C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples. Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m’aimes ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m’aimes ? » et il répondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime ». Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. »

Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore : « Suis-moi. ». (Jn 21, 14-19).

1. M’aimes-tu ?

Une seule fois dans la Bible, Dieu a posé une telle question à l’homme : « M’aimes-tu ? ». Le Dieu de l’Ancienne Alliance n’a jamais demandé à l’homme s’il l’aime. Il lui a donné un commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… » (Dt 6, 5). Ce commandement restera toujours d’actualité et Jésus le citera en répondant à la question d’un pharisien : « quel est le plus grand commandement ? » (Mt 22, 36-37). Mais pour inviter l’homme à entrer en relation avec Lui, le Dieu d’Abraham n’a pas que ce commandement. Il lui parle de son désir d’être aimé. Dans le livre d’Osée, Il dira : « Car c’est l’amour que je désire, et non les sacrifices » (Os 6, 6). Quelques versets plus haut, nous pouvons lire cette plainte amère adressée à son peuple : « Votre amour est comme la nuée du matin, comme la rosée matinale qui passe » (Os 6, 4).

Dans la Nouvelle Alliance les choses changent. Jésus demande à Pierre : « M’aimes-tu ? ». Dieu devient mendiant de l’amour de l’homme. La question n’est pas : « Est-ce que tu aimes ce nouveau style de vie que je vous ai enseigné ? » ou bien : « Est-ce que tu aimes servir les brebis et l’Église que je voudrais te confier ? ». La question de Jésus ne concerne pas quelque chose, mais quelqu’un.

2. « Agapao » et « phileo »

Le texte est énigmatique. Dans les deux premières questions Jésus utilise le mot qui dans la Bible grecque a été traduit par « Agapao » (ce qui a donné en latin caritas et aujourd’hui charité) qui est le mot plus général et le plus usuel pour dire l’amour divin dans le Nouveau Testament. Pierre répond « je t’aime » mais ce n’est pas « agapao » mais « phileo », un autre mot que les grecs utilisaient pour exprimer l’amour dans le sens amitié : « traiter affectueusement ou avec bonté, être ami ». « Phileo » semble exprimer une note plus personnelle et plus intime sur le plan humain. Remarquons que lorsque Jésus s’adresse à Pierre pour la troisième fois, Il reprend le verbe « phileo » que Pierre a utilisé dans les deux réponses précédentes. Voici donc la traduction mot à mot de ce dialogue :

-  « Simon fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? (…) Oui Seigneur, toi tu sais que j’ai de l’affection pour toi » (ou bien « que tu m’es cher »).
-  « Simon fils de Jean, m’aimes-tu ? (…) Oui Seigneur, toi tu sais que j’ai de l’affection pour toi »
-  « Simon fils de Jean, as-tu de l’affection pour moi ? (…) Seigneur, tu sais tout, tu sais que j’ai de l’affection pour toi ».

Les commentateurs ne sont pas unanimes sur la façon d’interpréter l’usage d’ « agapao » et « phileo » dans ce texte. La majorité des traductions utilise un seul mot « aimer » comme synonyme. D’autres tentent de justifier l’usage de deux termes distincts dans le récit. En voici un exemple : « La réponse de Pierre montre admirablement combien son expérience, passée et présente, l’a transformé. Non seulement il ne cherche pas à l’emporter sur autrui, mais il n’ose affirmer directement que, oui, il aime Jésus, ce qui est vrai pourtant. Il s’en remet à la connaissance que Jésus a de son cœur. Le sujet de la phrase n’est pas « je », mais « Tu » : « Toi, tu sais que je t’aime. ». Entendant Pierre utiliser ici le verbe « phileo » au lieu d’ « agapao », le lecteur lui prête la pensée qu’il ne peut apprécier lui-même son « agapé », car Dieu seul en est l’auteur premier. » (Xavier Léon-Dufour, « Lecture de l’Évangile selon Jean, IV », p. 290). La tristesse de Pierre, parce que « pour la troisième fois, il lui demandait : "Est-ce que tu m’aimes ?" », ne vient pas de cette différence entre « l’amour divin » et « l’affection » mais vient du souvenir douloureux de son triple reniement de Jésus pendant sa Passion.

3. Puis il lui dit encore : « Suis-moi. »

Il fallait trois « Tu sais que je t’aime » pour « effacer » trois « Je ne le connais pas ». Le même Pierre dira plus tard : « L’amour (agape) couvre une multitude de péchés » (1 P 4, 8). La seule condition que Jésus a posée à Pierre avant de lui confier la mission d’être le berger de l’Église est l’amour, son attachement personnel à Lui. C’est seulement après qu’Il lui dira : « suis-moi ».

Pour suivre Jésus et encore davantage pour recevoir une mission au service de son Église, il faut une condition. Cette condition n’est pas d’être irréprochable ou parfait, ou encore moins d’avoir une excellente connaissance de la doctrine. La seule et unique condition que Jésus pose est de l’aimer, de s’attacher à Lui, comme on s’attache à un ami intime. Dieu ne cherche pas des sympathisants ou des croyants-pratiquants mais des amis, capables d’aimer comme Il nous a aimés.


Question pour aller plus loin :
-  Qu’est-ce que je répondrais si Jésus me posait la question : « M’aimes-tu ? ». Nous savons aimer nos amis, mais comment apprendre à aimer Dieu comme ami ?

Suggestion pour la semaine :
-  Dans ma prière, je vais faire davantage attention aux mots que j’utilise pour exprimer mon amour et mon attachement personnel à Jésus, Dieu et Ami.

Père Bogdan BRZYS


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