« Rendez à César ce qui est à César.... ! »
Article mis en ligne le 18 octobre 2020
dernière modification le 25 octobre 2020

Dans les derniers jours de sa vie terrestre, au Temple de Jérusalem, face à un paroxysme d’opposition de la part des grands prêtres et des pharisiens, dans un dernier effort pour éclairer ses contradicteurs, Jésus donne un principe éclairant : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.
L’impôt est dû à César, car il détient une autorité légitime, même s’il est un occupant. Mais il est encore plus important de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, ce qui lui appartient, c’est-à-dire notre âme, marquée de la ressemblance à Dieu. C’est cette phrase du Christ qui fonde la laïcité conçue de façon chrétienne :
Cette réponse fonde la distinction entre le domaine spirituel et le domaine temporel, tout en préservant le primat de Dieu. On doit obéissance à l’autorité civile dans le domaine qui est le sien - le domaine temporel -, mais au niveau des consciences, nous défendons de toute nos forces la priorité absolue de Dieu et de ses commandements. Il n’y pas de loi supérieure aux commandements de Dieu.

Il existe une légitime autonomie du domaine temporel face aux autorités spirituelles pour tout ce qui est neutre moralement. En nous ordonnant de rendre à César ce qui est à César, Jésus nous interdit en quelque sorte de nous désintéresser de ce monde et nous incite vigoureusement à nous engager dans ce monde pour l’imprégner de l’évangile. Il nous précise les justes rapports vis-à-vis des autorités civiles : Les citoyens sont soumis à l’autorité et regardent les détenteurs de l’autorité comme représentants de Dieu qui les a institués ministres de ses dons. Mais cette collaboration loyale comporte aussi le droit, et même parfois le devoir d’exercer une juste remontrance aux détenteurs de l’autorité sur ce qui leur paraîtrait nuisible à la dignité des personnes et au bien de la communauté. Le devoir des citoyens est de contribuer avec les pouvoirs civils au bien de la société. L’amour et le service de la patrie relèvent du devoir de reconnaissance et de l’ordre de la charité. La soumission aux autorités légitimes et le service du bien commun exigent des citoyens qu’ils accomplissent leur rôle dans la vie de la communauté politique. La soumission à l’autorité et la coresponsabilité du bien commun exigent moralement - entre autres - le paiement des impôts, l’exercice du droit de vote, la défense du pays.
Rendez à Dieu ce qui est à Dieu  : notre âme, toute notre vie, appartient à Dieu. Ma conscience est l’interface entre Dieu et moi au fond du sanctuaire de mon âme. Aucun pouvoir humain ne peut prétendre usurper le droit premier de Dieu.
Rendons à Dieu l’hommage d’une conscience affinée qui cherche toujours à accomplir la volonté de Dieu.
Don Pierre-Alphonse FRAMENT, curé in solidum