Les cieux se déchirèrent !
Article mis en ligne le 10 janvier 2021
dernière modification le 21 janvier 2021

La prédication de Jean Baptiste avait suscité en Israël un formidable élan de conversion. Tous ceux qui se décidaient à changer de vie et à faire à Dieu toute sa place venaient se plonger dans les eaux du Jourdain en signe de renouveau intérieur.

C’est pourquoi, bien que sans péché, il est venu se faire baptiser par Jean. Il a donc inauguré sa vie publique par un acte d’humilité et de solidarité avec les hommes qu’il venait sauver, et c’est ce moment que Dieu a choisi pour manifester sa solidarité avec son Fils.

Le baptême reçu par Jean contient déjà, en germe, tout le sens de la vie, de la mission, de la prédication futures de Jésus jusqu’à la croix. Toujours nous trouverons Jésus au milieu des pécheurs, en train d’étendre l’amour et la communion de Dieu jusqu’aux catégories humaines et sociales méprisées et marginalisées à l’époque, au point de se faire qualifier de « glouton et d’ivrogne, d’ami des publicains et des pécheurs » (Mt 11,19). Et même sur la croix, Jésus ne sera-t-il, encore une fois, au milieu de deux malfaiteurs ? Mais c’est juste à ce moment-là que le rideau du Sanctuaire, dans le Temple de Jérusalem, se déchire en deux, depuis le haut jusqu’en bas, nous dit saint Marc (15,38). Deux fois seulement dans son évangile, Marc a employé ce verbe grec se déchirer : dans le récit de la mort de Jésus et dans le récit de son baptême, et cette correspondance est certainement voulue, et elle est pleine de sens. Le déchirement du rideau du Sanctuaire, quand Jésus meurt sur la croix, nous révèle le sens et la portée profonde du déchirement des cieux lors du baptême, quand Jésus voit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe (Mc 1,10). Désormais, Dieu ne se cache plus derrière un voile, il se révèle en cet homme qui remonte des eaux du Jourdain.

Don Joachim, curé in solidum