Devenir disciple de Jésus-Christ
Article mis en ligne le 10 février 2020

Chers frères et soeurs dans le Christ,

une autre façon de parler des cellules paroissiales d’évangélisation, c’est de reprendre une très belle expression de notre pape François dans sa lettre-programme de début de son Pontificat La joie de l’Evangile le 24 novembre 2013.
Le pape dit au numéro 119 : Nous sommes tous des disciples missionnaires.
Et aussitôt après, au n° 120. En vertu du Baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire (cf. Mt 28, 19). Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation, et il serait inadéquat de penser à un schéma d’évangélisation utilisé pour des acteurs qualifiés, où le reste du peuple fidèle serait seulement destiné à bénéficier de leurs actions. La nouvelle évangélisation doit impliquer que chaque baptisé soit protagoniste d’une façon nouvelle. Cette conviction se transforme en un appel adressé à chaque chrétien, pour que personne ne renonce à son engagement pour l’évangélisation, car s’il a vraiment fait l’expérience de l’amour de Dieu qui le sauve, il n’a pas besoin de beaucoup de temps de préparation pour aller l’annoncer, il ne peut pas attendre d’avoir reçu beaucoup de leçons ou de longues instructions. Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ ; nous ne disons plus que nous sommes « disciples » et « missionnaires », mais toujours que nous sommes « disciples-missionnaires ». Si nous n’en sommes pas convaincus, regardons les premiers disciples, qui immédiatement, après avoir reconnu le regard de Jésus, allèrent proclamer pleins de joie : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41). La samaritaine, à peine eut-elle fini son dialogue avec Jésus, devint missionnaire, et beaucoup de samaritains crurent en Jésus « à cause de la parole de la femme » (Jn 4, 39). Saint Paul aussi, à partir de sa rencontre avec Jésus Christ, « aussitôt se mit à prêcher Jésus » (Ac 9, 20 ). Et nous, qu’attendons-nous ?

Ceci posé, accepté et intégré dans notre âme, je veux aujourd’hui développer seulement le premier mot : disciple de Jésus-Christ.
Les premières personnes à évangéliser par la cellule, c’est nous ! La cellule se veut une occasion riche de vivre la rencontre avec le Seigneur, de mieux le connaitre personnellement et de développer avec Lui une amitié intime. Notre foi est d’abord l’expérience d’une rencontre avec une personne vivante. Et pas seulement d’une connaissance livresque ou théorique.
Il s’agit de faire l’expérience que l’amour de Dieu, tout entier présent en Jésus, me sauve.
Il s’agit de connaitre Jésus humainement, de comprendre sa pensée, de partager son regard, de vouloir ce qui lui plait, de ressentir avec lui et comme lui.

Cette connaissance du Christ s’enracine dans la lecture et la méditation régulière de l’évangile. Une première question qui se pose à tout chrétien : Ai-je déjà lu en entier les 4 évangiles ? Est-ce que je poursuis cette lecture en toile de fond ? Ai-je le texte des évangiles à portée de main ?
Une façon donnée par l’Eglise, c’est de lire les lectures de la messe du jour, qui permettent de balayer très régulièrement sur 3 ans les passages essentiels.

Mais cela n’est pas en opposition avec une lecture assidue, stylo en main, pour repérer tous les passages lumineux ou au contraire obscurs de l’Evangile. Face aux questions ou aux incompréhensions, il faut chercher sans se lasser en posant des questions à tous ceux qui sont susceptibles de vous éclairer, en commençant par les frères et sœurs de la cellule.

Dans un deuxième temps ou en même temps, je vais goûter une attirance pour Jésus. Elle n’est pas du même ordre que bien des types de séduction ou de publicité. Cette attirance est intérieure, profonde, douce et exigeante à la fois. Même si elle peut sembler s’atténuer par moments, elle revient souvent avec une douce insistance pour me faire chercher la face du Christ. Quand on veut connaitre quelqu’un, on cherche son visage, on observe les sentiments profonds de son âme qui y apparaissent. Jésus va me faire découvrir ainsi peu à peu les facettes très riches et variées de son cœur.

A ce niveau-là de proximité intérieure, j’ai normalement déjà commencé à dialoguer dans un véritable cœur à cœur avec Lui. Je l’ai interpellé d’homme à homme, tout en gardant l’infini respect dû à Dieu. Je lui ai parlé, je lui ai posé des questions, je lui ai dit tout ce que j’avais déjà repéré des signes de sa présence et de son amour pour moi, et je lui ai exprimé mon désir toujours plus fort de mieux le comprendre, le connaitre et le voir dans tout ce qui m’arrive. Nous appelons cela l’oraison. Et cette oraison débouche sur les demandes propres à toute véritable amitié : Et toi, qu’en penses-tu ? Que ferais-tu à ma place ? Que veux-tu que je fasse pour te faire plaisir ? Qu’est-ce que je pourrai t’offrir ? Quelles sont tes joies et tes peines ? Je voudrais tout partager avec toi !

Il faut aller jusqu’au bout de cette amitié inouïe avec le Fils de Dieu pour être pleinement disciple et donc missionnaire. Mais cela, missionnaire, nous le verrons une prochaine fois.

Pistes de réflexion :
* Aujourd’hui, avec ce que j’ai déjà lu et compris de l’évangile, que puis-je dire du Seigneur Jésus ?
* Quel est le dernier détail de la vie et du cœur du Christ que j’ai pu découvrir ?
Quels sont les traits de caractère, les épisodes qui m’ont marqué ?
* Spontanément, de quelle qualité de Jésus ai-je envie de partager avec d’autres ?
* Y a-t-il des domaines où j’ai l’impression de lui ressembler, ne serait-ce qu’un peu ?
* Vers quoi me sens-je attiré ? Qu’est-ce que je voudrais partager avec Lui ?
Est-e que j’ai envie de Lui ressembler ?

Un bon exercice à faire seul serait de rédiger par écrit le portrait du Christ : Le Seigneur Jésus tel que je le connais aujourd”hui ...