Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur
Article mis en ligne le 24 octobre 2021

Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur

Les fils de Zébédée, demandant à Jésus de siéger à sa droite et à sa gauche, juste après l’annonce de la Passion, font preuve d’une ambition assez incongrue. Le Christ n’a cessé de mettre en garde contre cela : l’Évangile en effet nous présente à plusieurs reprises Jésus réprimandant ses Apôtres qui disputent entre eux de qui est le plus grand ; ou fustigeant l’attitude des pharisiens qui aiment les places d’honneur.
Nous pouvons nous interroger sur ce point : n’avons-nous pas, nous aussi, tendance à rechercher les premières places, certes de manière plus subtile que Jacques et Jean. Cela se manifeste souvent sur des petites choses de la vie courante. Par exemple, ne nous vexons-nous pas lorsqu’une mission de confiance est confiée à un autre, quand nous l’espérions pour nous ? Ou si quelqu’un est mis en avant ou complimenté publiquement, quand nous estimons le mériter plus que lui ?
Pour lutter contre cette tendance, Jésus oppose la logique des nations païennes à la logique qui doit prévaloir chez les chrétiens : parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Il nous invite à nous mettre au service de nos frères : plus on occupe une place importante, plus il nous faut adopter l’attitude humble du serviteur. Attitude qui ne peut s’obtenir qu’en suivant l’exemple du Christ qui s’est fait le serviteur de tous : le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir.
C’est le soir du Jeudi saint que ces paroles s’illustrent le plus, lorsqu’il s’agenouilla aux pieds de ses disciples pour les leur laver. Lui, le Seigneur, ne répugna pas à endosser le rôle du serviteur. Or le disciple n’est pas au-dessus de son maître : nous, ses disciples, nous aussi nous devons accepter humblement de nous mettre au service.
Là où nous sommes tentés de prendre les premières places, songeons, au contraire, à prendre la place du serviteur, et là où nous devons occuper ces places, ayons toujours à cœur de le faire avec un esprit de service, à l’imitation du Maître.
Don Maël Prost