Orgueil et Humilité !
30éme dimanche ordinaire
Article mis en ligne le 23 octobre 2022
dernière modification le 30 octobre 2022

Deux hommes prient. Un pharisien et un publicain. Le premier dit : « Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain ». Le second : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! » Orgueil et humilité. Le premier se justifie, le second repart justifié.

L’orgueil d’abord. L’orgueil se gonfle. On se sent important. On se compare. Que celui qui ne se compare jamais lance au pharisien la première pierre ! Et pourtant, quelle illusion. Par bien des côtés, je suis supérieur aux autres. Mais par bien des côtés ils me sont supérieurs.

Alors il faudrait faire des crapuleries pour me savoir pécheur, pour être humble, pour être saint ? Non, elles sont déjà là ! C’est l’humilité qui me permet de le reconnaître ! L’humilité donc. L’humilité ne consiste pas à se contorsionner en disant je ne suis rien. On a tellement développé un sens morbide du péché dans le christianisme. Non, je ne suis pas méchant. Et pourtant il y a quelque chose au fond de moi qui me rend capable des pires choses. Reconnaitre sa faiblesse et sa valeur d’un même front, voilà l’humilité.

Au début de la messe, nous disons « je reconnais que je suis pécheur ! » : est-ce que j’y crois vraiment ?
Et en même temps, il ne faut pas que cette conscience m’empêche d’être grand, de réussir. « Je vais échouer pour être humble » Non ! Tu dois réussir. Dieu veut l’homme grand. Mais cette grandeur, tu ne la retourneras pas vers toi en te disant : je suis grand de mon fait. « Le Seigneur fit pour moi des merveilles », dit Marie. Au fond, l’humilité, c’est la lucidité et l’orgueil, c’est l’illusion.

Demandons au Seigneur l’humilité qui nous libère de l’ego, de cette crispation sur nous-mêmes qui nous empêche d’être grand et de laisser grandir les autres !

don Philippe de Nortbécourt,
prêtre référent
Secteur des Plaines de la Brie