Homélie Kermesse 2021
Article mis en ligne le 19 septembre 2021
dernière modification le 17 novembre 2021

Très chers frères et sœurs,

Que faisons-nous ici ce matin ?
Pourquoi cette messe en plein air suivie de l’apéritif, du repas partagé et de l’après-midi festive et familiale ?
Pourquoi ici au cœur de la cité ?
Parce que Jésus lui-même nous y invite dans l’évangile !
Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille.
Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé
L’unité de notre vie chrétienne se réalise dans l’accueil de Dieu vécu à travers l’accueil du petit et du faible, à travers l’accueil de tout homme vu comme un frère donné par Dieu.

Ce matin, par cette messe, nous vivons en plein air l’accueil de Dieu dans nos vies.
C’est Lui qui nous parle dans la liturgie, c’est lui qui se rend présent, agit et transforme nos existences par l’Eucharistie et la Communion.
C’est Lui qui fonde notre charité de type familial.
Si nous sommes en famille avec Dieu, si nous allons chanter ensemble le Notre Père, si nous ne faisons qu’un dans le Christ, alors nous considérons tout baptisé comme notre frère, et tout non-baptisé comme appelé à le devenir.
Alors nous voulons nous accueillir les uns les autres, aujourd’hui et toute l’année, comme des cadeaux envoyés par Dieu.
Au milieu des joies et des épreuves qui traversent notre monde, nous savons que c’est en recevant toute rencontre comme un signe de la Providence divine, que nous pourrons vivre pleinement en chrétiens.
Il y a bien un lien étroit
- entre notre foi dans le Christ et son mystère pascal de mort et de résurrection, d’une part,
- et notre engagement concret dans la charité au service de nos frères d’autre part.

Dimanche dernier, j’ai abondamment parlé du sens de la Croix, aujourd’hui, je veux développer comme notre discours programme d’engagement au service de nos frères pour l’année qui débute.

La Croix, nous n’aurons pas à la chercher, elle se présentera toute seule à nous à travers tous les blessés de la vie et de la société que nous croiserons, à commencer par nous-mêmes. Pendant que la société des écrans et des écouteurs cherchera à détourner notre attention, nous essaierons au contraire de nous intéresser à ce qui est à notre portée, à notre porte, sous nos yeux, autour de nous.
Dieu ne nous a pas chargé du poids du monde entier : il a laissé cela à son Fils Jésus.
A nous, il est demandé de nous occuper de ce dont nous sommes responsables, de ce qu’il reste toujours possible de faire là où Dieu lui-même nous a planté, c’est à dire à Combs-la-Ville.

Au-delà de la crise sanitaire qui semble s’essouffler, face à la dégradation permanente de notre société qui crée inquiétude et tension croissante, nous ne voulons pas nous replier sur nous-mêmes.
A la sortie du tunnel de la crise sanitaire, nous voulons reprendre notre marche en avant sous la conduite de l’Esprit Saint qui est toujours à l’œuvre dans le monde. Le pape François nous convie avec tous les chrétiens à un synode du 17 octobre au 2 avril prochain, sous le titre de ; Communion, participation et mission.
Nous réfléchirons et nous mettrons en œuvre ce qui se montrera nécessaire pour renforcer notre communion à Dieu et entre nous, par une participation renouvelée de chaque baptisé à la mission de l’Église.

Cette mission consiste à proposer à tout homme la rencontre bouleversante du Christ.
Je me réjouis du nombre croissant d’adultes qui demandent le baptême, la confirmation, la communion. Il s’agit d’accueillir en vérité ces hommes et ces femmes que le Christ lui -même nous envoie et nous confie. Ils sont de véritables cadeaux pour notre paroisse.
Nous aurons aussi à sortir de nos cercles pour aller à la rencontre de tous ceux qui vivent autour de nous. Parce que Dieu s’adresse sans cesse au cœur, à la conscience de tout homme, nous croyons à la possibilité et à la nécessité d’un véritable dialogue avec tous les hommes de bonne volonté.
Nous voulons maintenir et développer des relations saines et ajustées avec toutes les composantes de la société de Combs-la-Ville pour rechercher ensemble le bien commun.

Depuis quelques années, nous avons développé en particulier des relations d’amitié avec les musulmans de la mosquée de Combs-la-Ville. En interne, maintenant que les conditions sanitaires se desserrent un peu, nous voulons persévérer dans ce qui nous semble le plus fondamental et le plus efficace face à la détérioration des relations sociales : inlassablement, nous éduquons la jeunesse.

En famille et en paroisse, nous faisons de notre mieux pour former et éduquer les consciences, pour susciter des libertés responsables et mûres, capables de discerner le bien, la volonté de Dieu, dans la recherche permanente de la vérité, de la justice et de l’amour.
C’est notre persévérance dans cet effort qui est un des signes les plus vrais de la présence et de l’amour du Christ au milieu de nous.

Depuis la fin du printemps, les légumes du jardin partagé mis en place par les jeunes de l’aumônerie sont offerts à des familles en difficulté. Au-delà du volume récolté, cette démarche est emblématique, elle est caractéristique d’un état d’esprit inspiré de l’évangile.
« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »

Jésus nous invite à une conversion permanente : si nous ne nous mettons pas au service concret de nos voisins dans cette ville, on ne pourra pas voir à Combs la présence pleine d’amour de Jésus.

Notre kermesse paroissiale
est une occasion unique de témoigner de ce que nous vivons habituellement en l’ouvrant à tous. Depuis des décennies, cette kermesse est le plus grand évènement festif organisé sur la ville. L’engagement, l’implication et le bon esprit des bénévoles est impressionnant.
Dans la continuité avec la communion au même corps du Christ, nous vivons la joie familiale de nous retrouver pour un repas et un temps de fête.
Nous permettons, à tous ceux qui passeront faire un tour ici, de goûter au bon esprit de Dieu, de sentir le parfum de l’Esprit Saint.
La cohabitation sur le même lieu d’activités aussi diverses que la messe et sa ferveur recueillie, avec l’apéritif, le repas aux spécialités variées, les jeux et les stands, le passage d’un éléphant indien ou le karaoké, témoignent que nous prenons Dieu au sérieux sans nous prendre au sérieux.
Oui, aujourd’hui et toute cette année pastorale, nous aurons à cœur de mettre en œuvre la Parole de Dieu qui vient de nous être adressée, et Jésus sera heureux à Combs-la-Ville.

On vient d’ailleurs de me souffler à l’oreille que la famille très heureuse de la Sainte Trinité avait programmé ce dimanche de passer faire un tour à la kermesse paroissiale de Combs.

Je suis sûr que vous allez leur faire bon accueil ! Amen.