La sanctification du dimanche
Article mis en ligne le 28 avril 2020
dernière modification le 4 mai 2020

La sanctification du dimanche

Cela peut paraitre paradoxal de parler de la sanctification du dimanche
alors que nous entamons notre 7ème semaine de confinement.
Et pourtant, la privation de la manière habituelle de vivre le dimanche nous pousse à nous poser
les bonnes questions sur le sens profond de foi que nous accordons au Jour du Seigneur.

Quelques rappels d’abord  :
Le 3ème commandement de Dieu nous dit : Tu sanctifieras le jour du Seigneur !
Et le commandement de l’Eglise détermine et précise la loi du Seigneur : " Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l’obligation de participer à la Messe ".
" Satisfait au précepte de participation à la Messe, qui assiste à la Messe célébrée selon le rite catholique le jour de fête lui-même ou le soir du jour précédent ".

Alors, en ce temps de confinement, comment faire la volonté de Dieu ?
Il faut d’abord bien comprendre cette volonté  :
Sanctifier le jour du Seigneur, qu’est-ce que cela veut dire ? Sanctifier : rendre saint, faire saint.
Vivre ce jour d’une façon sainte, d’une façon qui corresponde particulièrement à la sainteté de Dieu. Soyez saint comme je suis saint dit Dieu dans l’Ancien Testament.( Lévitique 19,1-2 ou 20,26 repris dans 1 Pierre 1,16 ). Soyez parfait comme votre Père du Ciel est parfait nous dit Jésus dans l’évangile (Mt 5,48).
Or tout ce que Dieu attend de nous est résumé dans le double commandement de l’amour :
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces et par dessus toute choses ; Et : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Aimer Dieu plus que tout  : c’est vrai tous les jours, tout le temps,
mais le Seigneur nous demande de le manifester concrètement en le mettant à la première place dans notre emploi du temps ce jour particulier où nous célébrons la Résurrection de son Fils.
Aimer notre prochain comme nous-mêmes : c’est vrai aussi tous les jours, tout le temps.
Mais cela est souvent limité par notre travail, qui devrait être pourtant toujours un mode particulier d’aimer le prochain.
Les conditions modernes de travail empêchent souvent les hommes de témoigner leur amour à leur prochain le plus immédiat qui est leur famille et leurs voisins.
Sanctifier le dimanche implique la libération du travail habituel pour pouvoir se consacrer à ceux qu’on a choisi d’aimer.

  • Sanctifier le dimanche, vous le sentez déjà, ne se restreint donc pas seulement à la participation à la messe. Sanctifier le dimanche, c’est partager la vie divine de façon plus consciente et plus profonde.

Sanctifier le dimanche, c’est d’abord s’unir à Dieu, partager la vie divine.
C’est impossible à atteindre par l’effort de l’homme.
C’est un don, un cadeau, ça se demande et ça se reçoit.
C’est Dieu qui nous le donne, c’est Dieu lui-même qui a institué cette folie d’amour qu’est la messe.
On ne va pas à la messe parce que cela nous plait, parce qu’on en a envie,
on y va parce que c’est juste vital, absolument indispensable,
et que ce serait un gâchis monstre pour nous de nous en priver,
et surtout un camouflet atroce à la bonté et à la délicatesse de Dieu
qui se donne sans réserve à nous dans une folie d’amour.

Et là, pour vous qui êtes confinés, empêchés de participer physiquement à la messe, que se passe-t-il ? Etes-vous en faute ? Non !

C’est un cas de force majeure, vous n’y pouvez rien, et Dieu ne vous le reprochera jamais !
Mais le 3ème commandement est toujours valide : Tu sanctifieras le jour du Seigneur !
Alors comment faire sans aller à l’église ?
Il y a la messe à la télé ou sur internet, comme la messe du dimanche en live sur Facebook sur le site de la paroisse catholique Brie Comte Robert : c’est une aide particulièrement précieuse en ces temps difficiles.
Mais il ne suffit pas de regarder la messe : il faut PAR-TI-CI-PER !

Il faut vivre la messe, il faut saisir ce que Jésus est en train de vivre et il faut s’y unir.
Jésus se donne par amour.
Jésus veut plaire à son Père, en acceptant de prendre à bras le corps tout le mal du monde pour nous en libérer, en le brûlant au feu d’amour de son Cœur.
La situation de l’humanité est dramatique et le mal doit être vaincu, effacé, réparé.
La seule chose qui peut définitivement effacer le mal, c’est le feu de l’amour.
Et tout l’amour nécessaire pour réparer le mal du monde entier est contenu dans le cœur humain du Christ.
Le Seigneur Jésus a donné sa vie toute entière par amour pour tous les hommes de tous les temps.
Nous ne pouvons pas l’observer de loin en nous contentant de l’admirer.
Il faut nous unir, il faut prendre notre part.

Comme dit saint Paul : Je complète dans ma chair ce qui manque à la Passion du Christ pour son Corps qui est l’Eglise. (Colossiens 1,24)
Non pas qu’il manque quelque chose à la passion du Christ, mais le Seigneur nous fait le très grand honneur de nous associer à son œuvre de salut.
Avec ses copains, on partage les joies, disent les jeunes, mais avec ses amis, on partage aussi les peines. Le Seigneur Jésus a voulu faire de nous ses amis.
A la messe, nous partageons son souci devant le péché du monde et son désir de tout brûler dans un amour plus grand. Cette participation aux joies et aux peines du Christ, nous l’expérimentons d’une façon suréminente au cours de la messe.
La participation intérieure véritable à la messe fonde et soutient tous nos engagements, tous les dons de nous mêmes. Toute notre vie peut alors devenir un sacrifice spirituel agréable à Dieu le Père.

Sanctifier le dimanche, c’est s’unir à Dieu, c’est l’aimer par dessus-tout directement ou indirectement.

L’aimer directement, c’est d’abord la messe, mais pas seulement.
Sanctifier le dimanche, c’est prendre le temps pour écouter la Parole de Dieu
par une lecture et une méditation personnelle de la Bible ou par des échanges familiaux sur celle-ci.
Sanctifier le dimanche, c’est sanctifier le temps, c’est s’unir à la prière de l’Eglise,
et tout particulièrement à cette prière de la fin de journée que sont les Vêpres
accompagnées parfois de l’adoration et du Salut du St Sacrement.
Si cela n’est pas possible, il y a toujours la si belle prière du chapelet médité et prié en famille.
Si j’aime vraiment le Seigneur, je ne me contenterai pas uniquement d’un seul échange d’amour durant sa journée, je multiplierai les occasions d’un dialogue amical ou amoureux.

Aimer le Seigneur directement, c’est bien, mais il nous faut aussi l’aimer indirectement à travers notre prochain.
Aimer Jésus dans notre prochain, c’est d’abord au sein de la famille.

L’Eglise s’est toujours battue pour défendre le repos dominical au profit de la vie de famille.
En aucun cas les chrétiens ne doivent être complices des injustices où seraient maintenus leurs frères et sœurs astreints à travailler le dimanche au détriment de leur vie familiale.
Bien sûr, il a toujours été compris par l’Eglise que certains emplois de première nécessité étaient de vrais actes de charité : les boulangers-pâtissiers, les soignants dans les hôpitaux, la fourniture de l’électricité et de l’eau, certains transports en commun. Mais les chrétiens ne doivent pas faire de courses non-indispensables qui blessent la vie familiale d’autres personnes, croyantes ou non.
Sanctifier le dimanche, c’est donc développer les échanges intrafamiliaux, le partage des réalités les plus hautes, c’est entretenir l’affection, la saine détente, la culture, les échanges spirituels,
c’est partager sur les réalités les plus profondes sur lesquelles on trouve si peu le temps de parler dans la semaine.

Aimer Jésus dans notre prochain, c’est aussi spécialement les plus pauvres.
Sanctifier le jour du Seigneur, c’est prendre soin des plus faibles, c’est rendre service, c’est exercer la charité envers ceux qui en ont le plus besoin. Le dimanche, il est juste et bon de visiter les isolés, d’apporter des secours, de travailler même physiquement si l’urgence se fait sentir.
J’avais été très touché par cette anecdote de la vie du Curé d’Ars : un dimanche d’été où l’orage menaçait la moisson, le saint curé avait dispensé ses paroissiens du repos dominical, et après la célébration de la messe, avait lui-même tombé la soutane pour aider à rentrer la moisson au plus vite avant la pluie.
Rendre service le dimanche est aussi un culte rendu à Dieu.

Vous le voyez, sanctifier le dimanche remplit toutes les dimensions et toutes les heures de ce grand Jour du Seigneur.
L’essentiel, c’est de rentrer dans la vie même de Dieu,
c’est de goûter à ce que la Bible appelle le repos de Dieu.
Quand Dieu se repose, il ne dort pas, il ne fait pas la sieste,
il goûte, il se réjouit, il se complait à partager sa vie intime à ceux qu’Il aime.
Puissiez-vous tous profiter, même de ces dimanches de confinement,
pour goûter et expérimenter le repos de Dieu !